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L’emploi à domicile, convalescent, reste sous surveillance

Les chiffres du 3ème trimestre 2016, révélé ce jour par l’Acoss Stat, permettent de faire un point complet sur les enjeux de l’emploi à domicile dans les prochains mois. Maintien à domicile, garde des enfants : la croissance passe par une politique ambitieuse sur les territoires, doublée d’une consolidation de la politique nationale et transversale pour soutenir l’emploi à domicile

L’emploi à domicile entre particuliers reste dans une phase de reconquête dans une conjoncture économique encore complexe, en attestent les derniers chiffres publiés par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) relatifs au troisième trimestre 2016.
Ainsi, on observe particulièrement deux tendances :
• L’activité des gardes d’enfant à domicile progresse fortement (+0,9% par rapport au trimestre précédent et +3,2% sur un an)
• Les particuliers employeurs bénéficiaires de l’APA sont particulièrement touchés par la baisse de l’activité (-2,0 % par rapport au 2ème  trimestre 2015 et -6,4 %  sur un an).

Lorsque la politique est constante et incitative – 2€ d’allègement de charges pour chaque heure déclarée depuis le 1er décembre 2015 –  la confiance revient, et l’emploi d’une garde d’enfant à domicile repart à la hausse.
En revanche, concernant les particuliers employeurs âgés et bénéficiaires de l’APA, la baisse constatée pointe les insuffisances de Loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement, entrée en vigueur le 1er janvier 2016, qui n’incite pas au recours à l’emploi à domicile pour le maintien à domicile.
Le modèle de l’emploi à domicile, en emploi direct ou mandataire, représente une solution de qualité et un mode d’intervention tout aussi légitime que les autres. Pourtant aujourd’hui, en raison d’un cadre législatif peu favorable à l’emploi d’un salarié à domicile, la mise en œuvre n’est pas optimale et certains particuliers semblent renoncer à l’APA, ne pouvant choisir librement le mode d’intervention adapté à leurs besoins.

La compensation de cette baisse d’activité viendra peut être de la mise en œuvre du crédit d’impôt universel depuis le 1er janvier 2017, désormais ouvert aux personnes retraitées, à condition, bien sûr,  qu’ils ne renoncent pas à l’emploi d’un salarié à domicile pour les accompagner dans leur quotidien.
Pour la FEPEM, seule l’immédiateté du crédit d’impôt permettra de libérer le potentiel de croissance du secteur, répondant aux difficultés d’avance de trésorerie des familles et ouvrant ainsi un accès à l’emploi à domicile au plus grand nombre.

Pour Marie Béatrice Levaux, Présidente de la FEPEM, « La réappropriation par les pouvoirs publics, sur les territoires prioritairement, des enjeux de l’emploi à domicile est cruciale pour l’avenir. Des conventions avec l’ensemble des Caisses d’allocations familiales favoriseront le développement des modes de garde individuels sur l’ensemble des territoires et des conventions avec l’ensemble des départements permettront la mise en œuvre d’une politique efficace d’accompagnement des publics bénéficiaires de l’APA ou de la PCH. Au plan national, l’immédiateté du crédit d’impôt constituera un outil transversal pour accompagner tous les particuliers employeurs et faire de l’emploi à domicile une solution globale d’accompagnement des citoyens à domicile ».

Pascale Boistard, secrétaire d'Etat chargée des personnes âgées et de l'autonomie a lancé une campagne de communication pour valoriser les métiers de l'aide à domicile. Elle veut redorer ces métiers mal connus et sous-estimés par tout à chacun.

Aider les autres : c'est mon métier ! | AgeVillage"Il faut beaucoup d'intelligence et de compétences pour savoir aider, accompagner, prendre soin des personnes fragilisées, dans leur environnement" a rappelé la ministre.

Très féminins, ces métiers sont aujourd'hui dévalorisés, souligne l'ancienne ministre du droits des femmes. Cette campagne de communication souligne que 300 000 emplois seront à pourvoir d'ici 2030, sans compter le remplacement des départs à la retraite.

"La loi d'adaptation de la société au vieillissement a revalorisé l'APA à domicile (Allocation personnalisée d'autonomie) pour mieux financer les plans d'aides" insiste Pascale Boistard, même si les "restes à charge" restent encore trop lourds pour les personnes âgées fragilisées et leurs proches .

Le gouvernement a aussi étendu le crédit d'impôts aux retraités et aux personnes non imposables.
La Présidente de la FEPEM, Marie-Béatrice Lavaux, propose une mise en oeuvre effective de ce crédit immédiatement sans attendre un an. Cela inciterait les particuliers employeurs à déclarer leur aide à domicile et à mieux garantir leurs droits sociaux.

Savoir-être, Savoir-faire, le président de l'AMAPA, gestionnaire de services à domicile, regrettent que les familles, les aidants ne valorisent pas plus ces professionnels indispensables au maintien à domicile. Les financements publics sont à bout de souffle mais la pression démographique est bien là.

Pour mieux comprendre ce que "vivre chez soi" veut dire, Leroy Merlin Sources diffuse trois portraits de personnes qui avancent en âge et vivent leur grand âge à leur domicile.

Entrer chez l'autre, dans son intimité, l'accompagner dans sa vie, sa maladie, garder le lien, la relation, est loin d'être anodin.
Voir ce court-métrage "Je suis un autre" en compétition du 7ème Festival Nikon.

Le domicile : un enjeu individuel, collectif, politique !

#Aider les autres : c'est mon métier

Le site Internet de dépannage à domicile est depuis un an détenu à 30 % par la MAIF. Il s’appuie sur un réseau de professionnels.

La géolocalisation, c'est un peu l'atout maître du site Internet de dépannage à domicile MesDépanneurs.fr. Grâce à cet algorithme, l'entreprise peut localiser à tout instant ses artisans proches des clients à dépanner et disponibles pour le faire. Un gage de rapidité - intervention dans l'heure -, qui « fait la différence », assure Katia Sogreeva, fondatrice du site, qui, depuis 2013, tisse sa toile dans les grandes villes (Lyon, Paris, Toulouse et bientôt Marseille). Déplacement gratuit, prix encadrés, sélection drastique des plombiers, électriciens et autres serruriers, formés et en règle (y compris au plan fiscal), l'entreprise « mise sur la qualité » dans un secteur qui en manque. « Nous n'avons pas de bricoleurs, seulement des professionnels », martèle Katia Sogreeva. Ses artisans ne sont pas salariés, mais simples adhérents : s'ils sont occupés par d'autres chantiers, il leur suffit de le signaler sur l'application. MesDepanneurs.fr exploite au maximum leurs périodes creuses.

Commission de 15 à 25 %

Le site prélève une commission de 15 à 20 % sur leurs factures. En retour, les professionnels sont équipés de tablette et terminal de paiement. Le site, qui s'appuie sur un réseau de 600 professionnels, reçoit 1.500 demandes d'adhésion par an. MesDépanneurs.fr effectue 1.500 prestations par mois pour un chiffre d'affaires de 1,5 million d'euros en 2016.

Pour asseoir son développement, la jeune pousse, née dans lesincubateurs parisiens, a fait entrer la MAIF à son capital à hauteur de 1,7 million d'euros (34 % du capital). Un partenariat à la fois financier et opérationnel : en cas de sinistre, les sociétaires se voient dépêcher un artisan du réseau. S'ils ne sont pas couverts pour ce sinistre-là, la MAIF peut malgré tout leur recommander un professionnel du réseau.« Dans l'urgence, les gens se tournent spontanément vers leur assureur pour avoir un contact, même s'ils doivent payer de leur poche », explique Katia Sogreeva. MesDépanneurs.fr travaille aussi avec des groupes privés : conciergeries, agents immobiliers, bailleurs sociaux. Dans un avenir proche, elle devrait cependant encore renforcer ses liens avec d'autres assureurs, intéressés par la possibilité de disposer d'un réseau rapidement mobilisable.

@L_Albert_